* Quelque 800.000 fidèles réunis avenue des Champs-Elysées
* Le pape visite un centre de migrants, rencontre des catéchumènes
* Il ira prier à Lourdes et parler d'Europe à Metz
(Actualisé avec nombre de fidèles)
par Joshua McElwee et Elizabeth Pineau
Une messe géante au coeur de Paris a constitué samedi le moment fort du deuxième jour de la tournéeen France du pape Léon XIV, accueilli sur l'avenue des Champs-Elysées par une foule nombreuse, joyeuse et recueillie.
"Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? (...) Nous contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre coeur vide ?", s'est interrogé le pape dans son homélie prononcée devant quelque 800.000 fidèles, selon le Saint-Siège.
"L'être humain est fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur", a-t-il ajouté sous le soleil devant une avenue des Champs-Elysées bondée parcourue à son arrivée en "papamobile" aux cris de "Léon, Léon".
La Première dame Brigitte Macron, le Premier ministre Sébastien Lecornu et les candidats à l'élection présidentielle Edouard Philippe, Marine Le Pen, Gabriel Attal et Dominique de Villepin étaient présents.
"Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi", a aussi déclaré le souverain pontife. "Il vous revient d'apporter l'espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle."
"De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l'eau vive de l'Esprit Saint se répande sur toute la France", a ajouté en français le pape américain, qui avait souligné la veille lors d'un discours à l'Elysée ses "origines normandes et béarnaises".
Dans la foule proche de l'autel, Géraldine Pambou, 42 ans, a confié à Reuters être venue avec "beaucoup d'intentions de prières" et le souhait que le pape "mette l'accent sur la paix dans le monde car il y a trop de guerres."
En famille avec son épouse et ses quatre enfants âgés de trois mois à six ans, Pierre-Marie Estienne, banquier de 36 ans, s'est dit reconnaissant au pape "d'avoir choisi la France", un pays qui a "besoin d'apaisement, d'unité, du Christ" dans une époque "avec beaucoup de matérialisme, où le mal est présent".
Au sortir de la messe, Benoît Dedieu-Anglade, 67 ans, a retenu du message papal le désir de "regarder nos vies sous un autre angle, ne pas céder aux facilités, aux distractions."
"C'est un pape qui va jouer un rôle très important. Il va chercher en lui cette source de vie et la diffuse avec beaucoup de simplicité et d'autorité", a-t-il considéré.
RENCONTRE AVEC DES VICTIMES À LOURDES
Après une première journée marquée par des étapes au palais de l'Elysée, au siège de l'Unesco, à la cathédrale Notre-Dame de Paris et au stade de France pour une veillée avec quelque 80.000 jeunes, le pape s'est d'abord rendu ce samedi à la maison de Bakhita, centre de migrants où il a invité à "voir ceux qui sont invisibles".
A l'Institut catholique de Paris, Léon XIV s'est ensuite adressé à des adultes souhaitant recevoir le baptême, les catéchumènes, et des chrétiens fraîchement baptisés, les néophytes. "Soyez des missionnaires de l'Évangile dans cette société", leur a-t-il dit.
Pays laïc où Église et État sont séparés depuis 1905, la France connaît un recul constant du nombre de catholiques depuis la Seconde Guerre mondiale, une tendance observée dans d'autres pays de tradition catholique.
D'après un décompte de la Conférence des évêques de France, le nombre d'adultes demandant le baptême est certes passé de 12.400 en 2023 à plus de 21.000 en 2026. Mais selon un récent rapport de l'Insee, seuls 25% des Français âgés de 18 à 49 ans se déclarent catholiques, contre 43% dix ans plus tôt.
Dans ses discours prononcés vendredi, le pape Léon a notamment mis en garde contre les réseaux sociaux dans la vie quotidienne et l'avènement de l'intelligence artificielle.
Deux mois après l'adoption d'une loi sur la fin de vie en France, le souverain pontife a souligné le danger de "détourner la science et la technologie en entreprises lucratives, promouvant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes ou l'offre de mort programmée".
Léon XIV se rendra en fin de journée à Lourdes (Hautes-Pyrénées), haut lieu de pèlerinage, pour prier à la grotte de Massabielle où, selon la croyance catholique, la Vierge Marie apparut en 1858 à une jeune bergère, Bernadette Soubirous.
Ce voyage est l'occasion de redorer l'image de l'Église après la publication en 2021 du rapport supervisé par Jean-Marc Sauvé révélant que quelque 330.000 enfants ont été victimes d'abus sexuels commis par des membres du clergé et des laïcs catholiques en France depuis 1950.
LéonXIV s'entretiendra dimanche à Lourdes avec sept victimes françaises de ces abus.
La tournée s'achèvera lundi à Metz (Moselle), ville où officia Robert Schuman, une figure majeure de la construction européenne en cours de béatification, par un discours sur "les racines de l'Europe pour la paix et l'unité", en présence du président Emmanuel Macron.
(Reportage Joshua McElwee et Elizabeth Pineau, édité par Florence Loève et Benoit Van Overstraeten)

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